Accueil Santé Mars Bleu : détectez le cancer colorectal avant qu’il ne soit trop...

Mars Bleu : détectez le cancer colorectal avant qu’il ne soit trop tard

8
0

En mars, la sensibilisation au cancer colorectal s’intensifie avec des campagnes colorées en bleu. Ce cancer, qui touche de nombreuses personnes en France, apparaît souvent autour de l’âge de 50 ans, alors que beaucoup pensent encore être en bonne santé.

Le gastro-entérologue Jean-Guy Bertolino, basé à Gap, souligne que « c’est une maladie curable lorsqu’elle est détectée tôt, avec un taux de guérison de 90 % ». Ce message est au cœur de Mars Bleu, une initiative du Centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) Sud-Paca. L’objectif est d’inciter les 50-74 ans sans antécédents à se faire dépister. Pourtant, peu de personnes profitent de ce dispositif simple et accessible.

Un cancer fréquent mais évitable

Les chiffres illustrent l’ampleur du problème. En France, chaque année, 47 000 personnes reçoivent un diagnostic de cancer colorectal, et 17 000 en décèdent. Dans la région Sud-Paca, 3 600 nouveaux cas sont recensés chaque année, entraînant environ 1 320 morts. Ce cancer apparaît souvent autour de 50 ans et reste la deuxième cause de mortalité liée aux cancers. Il évolue souvent silencieusement, ce qui complique son dépistage précoce.

Pour faire face à cette situation, le CRCDC Sud-Paca mise sur la communication directe. Myriam Delaunay-Rousselle, responsable régionale, explique que plusieurs actions sont menées : défis sportifs connectés, journées de sensibilisation en montagne, spectacles humoristiques à Briançon, stands d’information dans les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence. L’idée est d’aborder un sujet intime sans dramatiser, en montrant qu’un geste simple peut sauver des vies.

Le dépistage à domicile, une étape facile

Le test de dépistage repose sur une démarche simple. Jean-Guy Bertolino précise qu’il s’agit d’un test immunologique, gratuit, à réaliser en trois ou quatre minutes à la maison. Il se procure en pharmacie ou chez le médecin et détecte la présence de sang invisible dans les selles. Ce test est recommandé tous les deux ans pour les personnes âgées de 50 à 74 ans, car le sang peut être invisible à l’œil nu.

Malgré cette simplicité, peu de personnes y ont recours. Selon les données 2023-2024 des CRCDC et de l’Insee, seulement 30 % des Français se dépistent, un taux encore faible. La région Sud-Paca affiche un taux de participation d’environ 27 %, avec les Hautes-Alpes en tête à plus de 33 %, ce que le docteur Claude Gautier qualifie de « bon chiffre ». Pour lui, il est crucial d’augmenter cette participation pour réduire l’incidence du cancer.

Coloscopie, peur et nouvelles ambitions

En cas de résultat positif au test, une coloscopie est recommandée. Cet examen permet de visualiser l’intérieur du côlon et du rectum, et de retirer des polypes avant qu’ils ne deviennent cancéreux. Cependant, cette étape suscite encore des craintes. Jean-Guy Bertolino déplore que « le mythe autour de la coloscopie soit désastreux, ce qui pousse certains à attendre des stades avancés ». Les actions de Mars Bleu cherchent à démystifier cet examen, en expliquant son déroulement et en précisant qu’un résultat positif ne signifie pas forcément cancer.

Pour 2026, le CRCDC et la caisse d’assurance maladie ont défini une feuille de route. L’objectif est d’atteindre les personnes éloignées du système de soins, qu’elles soient géographiquement ou socialement isolées. Il s’agit aussi de renforcer la sensibilisation en entreprise et d’assurer un suivi régulier des personnes déjà dépistées. Dans les Hautes-Alpes, élus, soignants, bénévoles et médias locaux participent activement à ces initiatives. Ce petit geste, rapide et gratuit, pourrait ainsi permettre d’éviter de développer un cancer colorectal avancé.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici