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Cancer de la vessie : la chirurgie qui sauve des vies mais bouleverse votre quotidien

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Le cancer de la vessie est le septième cancer le plus fréquent en France, avec environ 13 074 nouveaux cas chaque année, principalement chez les hommes (81 %). La plupart des diagnostics sont posés à un âge moyen de 70 ans.

Lorsqu’un cancer de la vessie infiltre le muscle, la chirurgie standard consiste en une ablation complète de la vessie, souvent accompagnée d’un curage ganglionnaire. Si cette opération sauve des vies, elle a aussi des conséquences durables sur le quotidien des patients. Ils doivent généralement vivre avec une stomie ou une dérivation urinaire interne, ce qui implique des contraintes matérielles, comme le port permanent d’une poche urinaire, la peur des fuites, et des risques de complications pouvant nécessiter des reprises chirurgicales.

Pour beaucoup de patients, préserver leur vessie est une priorité. Les progrès en chimiothérapie et immunothérapie ont permis de développer une nouvelle approche. Avant une chirurgie immédiate, les médecins proposent désormais souvent un traitement initial pour réduire la tumeur. Si celle-ci disparaît complètement, une surveillance rapprochée peut être envisagée, évitant ainsi une ablation immédiate. Cependant, cette stratégie nécessite des outils fiables pour identifier les patients pouvant en bénéficier en toute sécurité.

Un test sanguin basé sur l’ADN tumoral circulant

Lors du symposium ASCO consacré aux cancers urologiques, qui s’est tenu du 26 au 28 février 2026 à San Francisco, des médecins du Fox Chase Cancer Center ont présenté un nouveau test sanguin innovant. Ce test repose sur la détection de l’ADN tumoral circulant, un marqueur permettant d’évaluer le risque de métastases après un traitement conservateur et d’aider à décider si une chirurgie radicale peut être évitée.

Qu’est-ce que l’ADN tumoral circulant ?

L’ADN tumoral circulant est constitué de fragments d’ADN libérés dans le sang par les cellules cancéreuses lorsqu’elles meurent. Lors de l’essai de phase 2 RETAIN‑2, plus de 70 patients atteints d’un cancer de la vessie infiltrant le muscle ont reçu une chimiothérapie combinée au nivolumab. Ceux qui ont montré une réponse complète ont pu être placés en surveillance active, sans chirurgie immédiate. Deux ans plus tard, 80 % d’entre eux n’avaient pas développé de métastases.

Les chercheurs ont mesuré cet ADN dans le sang à plusieurs moments. Après le traitement, l’absence de ce biomarqueur était associée à un meilleur pronostic, quel que soit le recours ou non à la chirurgie. À l’inverse, la présence persistante de l’ADN tumoral était liée à un risque accru de métastases. Une auteure de l’étude explique que cet indicateur pourrait aider à décider qui peut éviter une ablation de la vessie, tout en soulignant la nécessité d’autres tests pour détecter précocement les récidives locales.

Ce que le test peut et ne peut pas faire

Ce test sanguin ne permet pas de décider seul s’il faut opérer ou non. Dans l’étude RETAIN‑2, il a surtout été utilisé pour repérer, parmi les patients répondant bien au traitement, ceux dont le risque de dissémination était faible. Ces patients ont pu conserver leur vessie, sous surveillance stricte. En revanche, si le test reste positif après le traitement, cela indique un risque élevé de métastases, justifiant souvent une chirurgie radicale et des traitements complémentaires.

Il est également important de noter que l’ADN tumoral circulant ne détecte pas toujours les récidives locales dans la vessie. Parmi les patients en surveillance, 22 ont présenté une récidive locale, mais chez 19 d’entre eux, le test sanguin n’avait pas montré d’augmentation de ce marqueur. Les équipes de recherche prévoient de suivre ces patients pendant cinq ans et de lancer un nouvel essai, RETAIN‑3. Celui-ci intégrera le biomarqueur dans la prise de décision, en complément de la cystoscopie et de l’imagerie.

Les symptômes du cancer de la vessie

Le symptôme le plus fréquent est la présence de sang dans les urines, appelé hématurie. La quantité de sang peut varier, apparaître lors de la miction ou seulement à la fin, et survenir par intermittence. D’autres troubles urinaires peuvent aussi survenir, comme des besoins urgents, des difficultés ou des brûlures lors de la miction, ou des douleurs dans le bas du ventre ou le dos. Ces signes sont rares au début de la maladie, mais doivent conduire à consulter un médecin si ils apparaissent, en particulier s’ils ne sont pas liés à une infection urinaire.

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