Accueil Santé Découverte révolutionnaire : une nouvelle piste pour traiter schizophrénie et bipolarité

Découverte révolutionnaire : une nouvelle piste pour traiter schizophrénie et bipolarité

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Une découverte qui pourrait transformer les traitements

Longtemps, la schizophrénie et le trouble bipolaire ont été considérés comme deux maladies distinctes. La première est principalement associée à des psychoses, tandis que la seconde concerne surtout des variations extrêmes de l’humeur. Pourtant, des médecins ont observé chez certains patients des symptômes communs, comme des hallucinations, des idées délirantes ou un discours désorganisé.

Une équipe de chercheurs internationaux a analysé trente ans d’IRM cérébrales. Elle a identifié des anomalies communes dans le cerveau de milliers de personnes atteintes de ces deux troubles. Selon le Dr Luigi Francesco Saccaro, du département de psychiatrie des Hôpitaux de Genève, cette étude vise à mieux comprendre ces troubles en dépassant les étiquettes diagnostiques traditionnelles.

Des points communs biologiques entre la schizophrénie et le trouble bipolaire

Actuellement, la schizophrénie se caractérise par des pensées et des émotions altérées, ainsi que par des hallucinations et des délires persistants. Le trouble bipolaire, lui, se manifeste par des épisodes de manie ou d’hypomanie, alternant avec des phases dépressives. Dans les deux cas, des épisodes psychotiques peuvent survenir, avec une perte de contact avec la réalité et un discours désorganisé.

Les recherches ont également mis en évidence d’autres similitudes : des déficits cognitifs, des impacts sur la vie sociale, et des facteurs génétiques communs. Le Dr Saccaro évoque une évolution des connaissances, montrant que ces troubles partagent de nombreux éléments biologiques, tels que des facteurs de risque génétiques et des modifications du cerveau. Cela suggère qu’ils pourraient faire partie d’un même spectre de la psychose, plutôt que d’être deux maladies totalement distinctes.

Les anomalies dans la substance blanche du cerveau

Les chercheurs se sont concentrés sur la substance blanche, composée de fibres qui relient différentes zones du cerveau. Leur objectif était de déterminer si ces modifications étaient une caractéristique partagée par l’ensemble du spectre psychotique, et non spécifiques à un seul trouble.

Les fibres de la substance blanche fonctionnent comme des autoroutes de l’information, permettant une communication efficace entre les régions cérébrales. En étudiant 96 études impliquant des milliers de participants, les chercheurs ont observé une altération du corps calleux, une structure qui relie les deux hémisphères du cerveau. Cette anomalie a été constatée chez tous les patients concernés, quel que soit leur diagnostic précis. Ces résultats renforcent l’idée que la perturbation de la connectivité cérébrale est une caractéristique centrale de la psychose.

Implications pour les traitements et les patients

Bien que ces découvertes ne gomment pas les différences cliniques entre la schizophrénie et le trouble bipolaire, elles ouvrent la voie à de nouvelles approches thérapeutiques. Au lieu de traiter chaque trouble séparément, il pourrait désormais être possible de cibler la connectivité du cerveau dans son ensemble.

Selon les chercheurs, de futures interventions pourraient viser ces perturbations communes pour améliorer le fonctionnement cérébral. À long terme, ces stratégies pourraient également réduire le risque du développement de symptômes chez les personnes vulnérables.

Source : A systematic review and meta-analysis of transdiagnostic impairments in white matter integrity across the psychosis continuum, Nature mental health, janvier 2026.

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