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Un nouveau facteur declencheur du cancer du poumon révélée :Découvrez le

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Une nouvelle étude internationale remet en question l’idée selon laquelle le tabac serait le seul principal facteur de risque du cancer du poumon. Alors qu’il était considéré comme le principal danger, une autre menace, moins visible mais tout aussi importante, pourrait bien occuper désormais la deuxième place.

Des chercheurs du Sylvester Comprehensive Cancer Center, à Miami, ont analysé l’évolution des causes de mortalité par cancer du poumon entre 1990 et 2019. Leur étude montre une baisse globale d’environ 8 % des décès, mais surtout, elle identifie un nouveau facteur de risque en deuxième position : la pollution de l’air. Cette dernière a remplacé l’amiante au niveau mondial dans le classement des dangers liés au cancer du poumon.

Un cancer du poumon toujours très meurtrier

En 2022, près de 2,5 millions de nouveaux cas ont été recensés dans le monde, ce qui en fait le cancer le plus fréquent. En France, il figure parmi les trois cancers les plus diagnostiqués et constitue la première cause de décès par cancer chez les hommes, selon l’Institut national du cancer. La maladie touche également de plus en plus les femmes, modifiant la répartition épidémiologique.

Le tabac reste la principale cause : en 2019, l’étude américaine estime que 66 % des décès par cancers du poumon, de la trachée et des bronches étaient liés au tabagisme, contre 72 % en 1990. En France, environ 80 % des cas de cancer du poumon seraient liés à l’exposition au tabac, qu’elle soit active ou passive. Par ailleurs, la mortalité chez les femmes liée au tabac a augmenté de 2 % sur la période, ce qui indique que d’autres facteurs jouent également un rôle dans cette hausse.

La pollution de l’air, un danger que nous partageons tous

Ce qui change avec cette nouvelle étude, c’est la place relative des autres risques. Selon les chercheurs, « la pollution de l’air est désormais devenue le deuxième facteur de risque le plus fréquent, représentant près de 20 % du taux de mortalité du cancer du poumon, de la trachée et des bronches à l’échelle mondiale, et plus de 25 % en Chine, en Inde, au Pakistan, au Bangladesh et au Nigéria ». En d’autres termes, presque une victime sur cinq pourrait voir son décès lié à la qualité de l’air qu’elle respire.

Cette pollution comprend les particules fines issues des gaz d’échappement diesel (PM2,5), les oxydes d’azote, ainsi que les fumées de cuisson ou de chauffage au bois et au charbon, surtout dans des logements peu ventilés. Des études publiées dans la revue Lancet Respiratory Medicine relient près de 200 000 cas de cancers du poumon en 2022 à ces particules fines chez des non-fumeurs, principalement sous forme d’adénocarcinomes.

Selon Estelamari Rodriguez, co-auteure de l’étude, « l’association entre la mortalité par cancer du poumon et la pollution de l’air est encore controversée, mais de plus en plus de preuves indiquent qu’il existe un lien qu’il faut prendre en compte. Ce phénomène est mondial ». L’Organisation mondiale de la santé estime que 99 % de la population mondiale vit dans des zones où la qualité de l’air ne respecte pas ses seuils recommandés.

Focus sur la France : le radon, un risque spécifique

En France, un autre agent pathogène majeur est le radon, un gaz radioactif naturel qui s’infiltre dans les habitations depuis certains sous-sols. Selon les estimations, il serait responsable d’environ 13 % des décès par cancer du poumon dans le pays, ce qui en fait le deuxième risque après le tabac.

Le risque augmente d’environ 16 % pour chaque augmentation de 100 Bq/m³ de radon inhalé de façon chronique, surtout chez les fumeurs. C’est pourquoi il demeure un enjeu prioritaire en Europe, où sa présence est plus fréquente que la pollution extérieure.

Malgré les interdictions, l’amiante, autrefois la principale exposition professionnelle au risque, reste présente. Les décès liés à l’amiante en France et aux États-Unis sont encore nombreux, et ce danger ne disparaît pas complètement. Les chercheurs rappellent également que d’autres substances comme les gaz d’échappement diesel, certains hydrocarbures aromatiques polycycliques ou la silice cristalline contribuent à ce risque.

Pour limiter ces dangers, les autorités sanitaires recommandent plusieurs mesures simples, telles que :

  • Réduire le tabagisme et éviter le tabagisme passif.
  • Aérer régulièrement les logements et utiliser une hotte efficace lors de la cuisson.
  • Faire mesurer le radon dans les zones à risque et améliorer la ventilation si nécessaire.
  • Vérifier la qualité de l’air avant de pratiquer une activité physique intense en ville.

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