Lorsque vous allez aux toilettes, vous jetez souvent un regard rapide à votre urine sans y prêter attention. Pourtant, sa couleur peut donner des indices précieux sur votre santé. Elle reflète ce qui se passe dans vos reins, votre foie ou votre métabolisme en général.
De la couleur jaune très pâle au brun foncé, en passant par des teintes rouges, vertes ou même violettes, chaque nuance a une signification différente. Certaines sont normales, d’autres doivent alerter et nécessitent une consultation médicale. Voici comment interpréter la teinte de votre urine.
Urine jaune, claire ou foncée : ce que signifie la couleur « normale »
L’urine est un liquide produit en permanence par notre métabolisme. Elle est composée d’eau et de déchets filtrés par les reins, dont un pigment appelé urochrome, issu de la dégradation de l’hémoglobine. Quand tout va bien, l’urine a une couleur allant du jaune pâle au jaune ambré, ce qui indique une bonne hydratation. En moyenne, une personne boit entre 1 et 2 litres d’eau par jour, selon ses besoins et ses pertes en eau (activité physique, chaleur, fièvre).
Une urine plus foncée, de couleur ambrée ou orangée, peut signaler une déshydratation. Cela peut être dû à un manque de boissons, à des diarrhées, vomissements, diabète mal équilibré, ou encore à la prise de diurétiques ou de laxatifs. Une teinte marron foncé ou ambrée peut aussi indiquer un problème hépatique. À l’inverse, une urine très claire ou presque incolore peut résulter d’une consommation excessive d’eau, ce qui dilue les électrolytes sanguins. Certaines vitamines du groupe B, comme la riboflavine (B2), ou certains antibiotiques, peuvent aussi rendre l’urine jaune vif sans danger.
Urine rouge, orange, marron ou noire : quand faut-il s’inquiéter ?
Une alimentation riche en betteraves, canneberges ou colorants alimentaires peut temporairement donner une urine rouge ou verte, sans gravité. Cependant, si cette coloration n’est pas expliquée par l’alimentation, cela peut indiquer la présence de sang dans l’urine, appelé hématurie. Les causes possibles incluent une infection urinaire, des calculs rénaux, une maladie rénale ou même un cancer de la vessie. Des douleurs lors de la miction ou des coliques néphrétiques nécessitent une consultation rapide.
Une urine orange peut signaler un problème du foie ou de la vésicule biliaire, comme la jaunisse, surtout si elle s’accompagne de selles claires. Certains médicaments, comme la sulfasalazine ou la phénazopyridine, peuvent aussi en être responsables.
Les teintes brunes ou marron foncé peuvent provenir de métabolites de l’hémoglobine, en cas de saignement dans les voies urinaires ou d’anémie hémolytique. Elles peuvent aussi refléter une hépatite, une cirrhose ou une déshydratation sévère. La présence de myoglobine, liée à une blessure musculaire importante ou à la prise de certains médicaments, peut également donner une urine marron. Enfin, une urine noire ou très foncée, sans explication médicamenteuse, peut indiquer des maladies rares comme l’alcaptonurie ou certains mélanomes. Dans tous ces cas, un avis médical est recommandé.
Urine bleue, verte, violette ou mousseuse : des indices moins courants
Des urines de couleur bleue ou verte, bien que surprenantes, s’expliquent souvent par des médicaments comme l’amitriptyline ou l’indométacine, ou par des colorants. Hors contexte médicamenteux, elles peuvent indiquer une infection urinaire rare causée par certaines bactéries ou une hypercalcémie, c’est-à-dire un excès de calcium dans le sang.
Le syndrome des urines violettes concerne principalement des femmes âgées, alitées, portant une sonde urinaire et souffrant de constipation. Il résulte d’une réaction entre un dérivé du tryptophane et des bactéries, qui colore en violet le sac collecteur, souvent en lien avec une infection urinaire.
Au-delà de la couleur, l’aspect de l’urine est aussi important. Une urine trouble peut indiquer une infection ou un excès de leucocytes. Elle peut aussi signaler un diabète mal contrôlé ou des calculs rénaux si elle dégage une forte odeur. Une urine mousseuse peut évoquer une protéinurie, un signe possible de problème rénal, même si la première miction du matin est souvent mousseuse sans gravité.
En cas de changement de couleur persistante ou d’autres symptômes comme fièvre, douleurs ou coliques, il est conseillé de consulter un médecin. Un examen d’urine en laboratoire permettra de déterminer la cause exacte.






