Les reflux gastro-œsophagiens et les brûlures d’estomac sont de plus en plus fréquents, notamment à cause de modes de vie stressants, d’une alimentation déséquilibrée ou d’une consommation régulière d’alcool et de café. Pour soulager ces troubles, les médecins prescrivent souvent des médicaments appelés inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), comme l’oméprazole, le pantoprazole ou l’ésoméprazole. Ces médicaments diminuent la production d’acide dans l’estomac et apportent un soulagement rapide.
Si leur efficacité à court terme est reconnue, leur utilisation prolongée peut poser problème, en particulier chez les personnes âgées. Selon Arnaud Cinturel, pharmacien à Isneauville, ces médicaments peuvent entraîner des carences nutritionnelles et d’autres complications graves s’ils sont pris sur une longue période.
Pourquoi les IPP sont-ils si couramment prescrits ?
Une solution efficace pour des troubles fréquents
Les IPP sont devenus une réponse courante face à des troubles digestifs de plus en plus répandus. Reflux, brûlures d’estomac ou ulcères sont souvent liés à une alimentation trop riche, au stress ou à la consommation excessive de café et d’alcool. Par ailleurs, l’usage fréquent d’anti-inflammatoires comme l’aspirine ou l’ibuprofène fragilise la muqueuse de l’estomac. Dans ce contexte, les IPP apparaissent comme une solution simple et efficace, permettant de soulager rapidement et d’éviter des complications graves.
Une tolérance généralement bonne à court terme
Sur une courte période, ces médicaments sont bien tolérés et procurent un soulagement immédiat. Ils permettent aux patients de retrouver une vie normale en quelques jours en réduisant douleurs et gênes. Leur rapidité d’action explique leur succès auprès des médecins et leur popularité auprès des patients, qui les considèrent souvent comme une solution sans risque. Cependant, cette perception d’innocuité peut conduire à une utilisation prolongée, souvent inutile, qui devient problématique avec l’âge.
Une prescription qui suscite des questions
La prescription massive d’IPP alarme les autorités de santé. Même si leur coût unitaire est faible, leur usage répété représente une dépense importante pour la Sécurité sociale. Cette surconsommation soulève des interrogations sur la pertinence d’un traitement à long terme, surtout lorsque des mesures hygiéno-diététiques pourraient suffire. Les pharmaciens rappellent que ces médicaments doivent rester des solutions ponctuelles, et non une habitude systématique, afin de limiter les risques liés à leur usage prolongé.
Les risques des IPP après 60 ans
Impact sur l’absorption des nutriments
Un des principaux dangers liés à l’usage prolongé des IPP concerne l’absorption des nutriments essentiels. En réduisant l’acidité de l’estomac, ces médicaments perturbent l’assimilation du calcium, du magnésium et de la vitamine B12. Sur le long terme, cela peut entraîner des carences nutritionnelles, avec des effets négatifs sur la santé des personnes âgées. Ces déficits fragilisent l’organisme et augmentent le risque de maladies liées au vieillissement, comme la fatigue chronique ou certains troubles neurologiques.
Risque accru d’ostéoporose et de fractures
La perturbation de l’absorption du calcium est particulièrement préoccupante après 60 ans. Elle favorise le développement de l’ostéoporose, une maladie qui fragilise davantage les os. Les seniors sous IPP prolongés ont donc un risque plus élevé de fractures, notamment au niveau de la hanche ou du poignet. Ce danger est accentué par la fréquence des chutes à cet âge, qui peuvent avoir des conséquences graves sur l’autonomie et la qualité de vie.
Complications digestives et rénales
En modifiant le pH de l’estomac, les IPP peuvent aussi déséquilibrer le microbiote intestinal. Cela peut favoriser la prolifération de bactéries indésirables, entraînant des diarrhées ou des infections digestives. Plus rarement, une atteinte rénale peut survenir, compliquant encore la santé des personnes âgées. Ces risques rappellent que l’usage prolongé des IPP doit être surveillé de près. Les pharmaciens insistent sur l’importance d’un suivi médical régulier, afin d’adapter le traitement selon l’âge et l’état de santé du patient.






