Le médecin Christophe de Jaeger s’exprime sur le vieillissement dans Quotidien
Invité de l’émission Quotidien ce mardi 3 février, le Dr Christophe de Jaeger, président de l’Institut européen de la longévité, a partagé ses conseils pour ralentir le vieillissement naturel du corps.
Il estime qu’il est possible de vivre en bonne santé jusqu’à 150 ans, à condition d’adopter quelques habitudes simples. Pas besoin de recourir à des méthodes extrêmes comme celles du milliardaire Bryan Johnson, qui transfère du plasma ou consomme des champignons hallucinogènes. Selon lui, quelques leviers quotidiens peuvent faire une différence.
Le Dr de Jaeger recommande notamment d’éviter de fumer et de boire excessivement, et de pratiquer régulièrement une activité physique. «Dès qu’on adopte ces habitudes, notre corps s’améliore, et ceux qui les suivent le ressentent», affirme-t-il. Il souligne que notre organisme n’a pas été conçu pour la sédentarité. Il est nécessaire de le faire travailler, par exemple en marchant activement ou en musclant ses muscles. Il regrette que les recommandations officielles (150 minutes d’activité par semaine) soient sous-évaluées. Tout exercice visant à conserver ou à retrouver sa masse musculaire est bénéfique.
Il insiste également sur l’importance d’une vie sociale dynamique. «Les personnes qui vivent longtemps et en bonne santé restent actives socialement et évitent l’isolement», explique-t-il.
La longévité : un mythe ou une réalité commerciale ?
Le médecin déplore que la recherche sur la longévité soit souvent exploitée à des fins marketing, avec des crèmes ou des compléments alimentaires. Pour lui, il faut revenir aux fondamentaux : agir sur la sénescence, c’est-à-dire le vieillissement naturel de l’organisme.
Il explique que cette sénescence commence à la fin de l’adolescence et se manifeste par une baisse progressive des capacités fonctionnelles. «C’est insidieux : entre 20 et 30 ans, on ne remarque pas vraiment de différences. Mais entre 30 et 50 ans, c’est ce que j’appelle le hold-up de la vie : nos 20 années les plus précieuses s’évaporent entre la famille et le travail. À partir de 50-60 ans, des maladies commencent à apparaître, même si elles ne se manifestent pas encore clairement. Elles se déclarent généralement entre 60 et 70 ans et peuvent s’aggraver avec le temps.»
Le spécialiste rassure cependant : il est possible d’agir sur ce processus, surtout entre 40 et 50 ans. Et il n’est jamais trop tard pour commencer. «Même à 80 ans, on peut toujours faire quelque chose pour améliorer sa santé», précise-t-il.
Pour autant, il rappelle que l’éternité ou l’immortalité restent hors de portée. «Ce n’est pas du tout au programme», conclut-il.






