Accueil Santé Ces bruits vous rendent fou Découvrez si vous souffrez d’une aversion insoupçonnée

Ces bruits vous rendent fou Découvrez si vous souffrez d’une aversion insoupçonnée

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Une aversion aux bruits de bouche, un trait de personnalité révélateur

La psychopraticienne Aurélie Delmas explique que pour certaines personnes, les sons quotidiens comme la mastication, la respiration ou la déglutition ne sont pas simplement agaçants. Ces bruits peuvent provoquer une véritable détresse psychologique. Ce rejet profond n’est pas une simple question de tolérance, mais cache un mécanisme plus complexe.

Selon elle, il s’agit d’un trouble psychocorporel où le système nerveux réagit automatiquement à certains sons. Ce phénomène, qui concerne environ 15 % de la population à divers degrés, peut entraîner des souffrances mentales importantes, telles qu’un sentiment d’isolement, de la honte, voire des symptômes dépressifs.

La misophonie, une réaction de menace

Ce trouble porte un nom : la misophonie, ou « haine du son ». Chez les personnes atteintes, le cerveau ne perçoit pas ces bruits comme de simples nuisances, mais comme une agression. Le cerveau déclenche alors une réaction d’alarme. Aurélie Delmas précise que les sons déclencheurs provoquent une hyperactivation du cortex insulaire, une zone cérébrale impliquée dans la gestion des émotions et des menaces.

En réponse, le système nerveux se met en état d’alerte, ce qui peut entraîner des réactions émotionnelles et physiques immédiates : colère, haine, accélération du rythme cardiaque ou brouillard mental.

Une sensibilité liée à l’histoire personnelle

Les recherches sur la misophonie sont encore en cours, mais certains profils semblent plus susceptibles de la développer. La plupart du temps, elle apparaît à l’adolescence, souvent dans un contexte familial. Elle est aussi plus fréquente chez les personnes hypersensibles, anxieuses ou atteintes de TDAH. Ces individus ont une sensibilité accrue, tant émotionnelle que sensorielle, et ressentent tout avec plus d’intensité.

Ils réagissent plus fortement aux bruits et aux tensions, même ceux que d’autres ignorent. Leur système nerveux est plus réactif aux stimulations extérieures, ce qui explique leur réaction face à certains sons, comme un reniflement ou un tapotement.

Origines et reconnaissance du trouble

Le terme « misophonie » a été créé en 2002 par des chercheurs, Jastreboff et ses collègues. Avant cette date, il n’existait pas de reconnaissance scientifique précise. La difficulté réside aussi dans le fait que ce trouble n’est pas encore officiellement classé comme une pathologie dans les manuels de référence, ce qui complique son diagnostic.

Plusieurs professionnels peuvent accompagner les personnes concernées, comme les psychologues, psychiatres ou neuropsychologues, mais il n’y a pas de spécialiste unique. Aurélie Delmas souligne qu’il est possible d’améliorer la qualité de vie en travaillant sur la régulation du système nerveux grâce à différentes techniques. La première étape consiste à apporter un sentiment de sécurité au système nerveux, souvent en situation de stress ou de danger.

Elle compare la misophonie à un volcan en éruption : lorsqu’il est constamment actif, il peut causer de graves dégâts. La clé est donc de le garder endormi, pour éviter qu’il ne se déchaîne à tout moment.

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