Une douleur au sein qui passe inaperçue
Lors d’un cours de hot yoga à Ruislip, dans l’ouest de Londres, Vicki Poole ressent soudain une douleur aiguë à la base de son sein droit. Cette femme de 45 ans, mère de deux enfants, pense d’abord à un faux mouvement. Après avoir rangé son tapis, elle reprend son activité, convaincue que cette gêne est passagère et liée à la pratique sportive.
Une persistance qui alarme
Les jours suivants, la douleur ne disparaît pas. Elle se manifeste d’abord uniquement lorsque son sein est comprimé ou qu’on la serre dans les bras. Elle remarque aussi que la peau devient plus dure sur une petite zone. Par ailleurs, une douleur similaire apparaît dans son coude, qu’elle attribue à la prise en charge de sa fille. Ce début d’inquiétude ne la pousse pas immédiatement à consulter, pensant qu’il s’agit simplement d’une gêne liée à l’activité physique.
Le début des examens
En décembre 2021, face à la persistance de la douleur et à une zone de peau plus dure, Vicki consulte son médecin généraliste. Elle est dirigée vers une clinique spécialisée du sein, où elle subit une série d’examens le même jour : examen clinique, échographie, mammographie, puis biopsie. Lors de cette journée, le radiologue lui indique qu’un « quelque chose » a été détecté. Il précise que cela pourrait être bénin ou maligne. Sur le parking, Vicki craque en pleurant dans sa voiture.
Le diagnostic tombe
Quelques semaines plus tard, en février 2022, elle reçoit une convocation pour une consultation à l’hôpital d’Uxbridge. Accompagnée de son mari, elle apprend qu’elle souffre d’un cancer du sein lobulaire. Une IRM est immédiatement prévue pour mesurer précisément la tumeur. Lors de l’annonce, Vicki se souvient avoir pensé à ses enfants : « Mon Dieu, mes enfants sont si jeunes. » Elle se demande aussi si elle va mourir et si ses enfants garderont son souvenir.
L’IRM révèle une tumeur de 10 cm sur 4 cm, avec deux ganglions suspects sous l’aisselle. Un scanner complet est réalisé pour vérifier une éventuelle dissémination. Pendant cette période, la jeune femme vit une période sombre, où les médecins évoquent la gravité de la situation si le cancer s’était propagé. Heureusement, le scanner montre que la maladie est localisée. La nouvelle la soulage énormément. Elle raconte avoir été très émue en apprenant la nature de son cancer, décrit comme une « toile d’araignée » par le médecin. Selon l’association Breast Cancer Now, ce type de cancer naît dans les lobules, les glandes productrices de lait.
Le parcours de soins et la vie de maman
En avril 2022, Vicki se fait retirer le sein droit lors d’une mastectomie, avec l’ablation de la majorité des ganglions. Elle souhaite simplement éliminer le cancer. Entre mai et septembre, elle suit une chimiothérapie pour détruire toute cellule restante. Ses cheveux tombent en quantité, et elle décide de les raser. Peu après la fin de son traitement, elle fait un malaise lors du trajet pour aller chercher ses enfants à l’école. Une arythmie cardiaque liée à la chimiothérapie la conduit à l’hôpital pendant cinq jours. Ensuite, elle enchaîne une radiothérapie en novembre 2022, puis une hormonothérapie en décembre, qui provoque une ménopause, un gain de poids et une baisse de l’estime de soi. En novembre 2023, elle doit également subir une opération du cœur.
Une nouvelle alerte sur le sein gauche
En juillet 2024, une nouvelle inquiétude apparaît : son mamelon saigne, et des zones rugueuses se développent sur la peau du sein gauche. Des examens révèlent des cellules anormales, mais pas de cancer confirmé. Sur les conseils de ses médecins, Vicki décide d’une seconde mastectomie. Elle attend cette opération avec appréhension.
Un message d’espoir et de prévention
Marquée par la perte d’une amie rencontrée lors de sa chimiothérapie, Vicki se dit « chanceuse » d’être en vie et de pouvoir accompagner ses enfants dans leurs moments importants. Son message est clair : « Si quelqu’un sent quelque chose d’anormal au niveau de ses seins, il faut se faire examiner. Ne pensez pas que vous êtes trop jeune pour cela. » Par ailleurs, l’association Breast Cancer Now a lancé un programme de recherche de cinq ans dédié au cancer du sein lobulaire, avec un budget initial de 1 million de livres, basé au Toby Robins Research Centre de l’Institut du Cancer à Londres.






