Avoir des démangeaisons sur la peau, sans bouton ni piqûre, est une situation fréquente et généralement peu inquiétante. La plupart du temps, la cause est identifiable : peau sèche, eczéma ou allergie à un produit ménager. Ces irritations peuvent rapidement devenir désagréables, mais leur origine est souvent simple à déterminer.
Cependant, dans certains cas rares, des démangeaisons généralisées et persistantes peuvent être un signe d’alerte. Selon le docteur Amit Garg, oncologue, si ces démangeaisons durent plusieurs semaines, qu’elles réveillent la nuit, ou qu’elles touchent tout le corps, il faut consulter un médecin. Des signes inhabituels comme fièvre, perte de poids, ganglions enflés, jaunisse ou plaques rouges qui ne disparaissent pas malgré un traitement simple doivent également alerter.
Les démangeaisons, un signe potentiel de cancers du sang
Le docteur Garg explique que certains cancers du sang peuvent se manifester par des démangeaisons diffuses. Le lymphome de Hodgkin, par exemple, est un cancer rare des globules blancs. Il peut provoquer des démangeaisons plus fortes la nuit, sans boutons visibles. La présence d’un ganglion indolore au cou, sous l’aisselle ou dans l’aine, accompagnée parfois de fièvre, sueurs nocturnes, essoufflement ou perte de poids, peut faire partie de ses symptômes.
Un autre exemple : la polyglobulie de Vaquez, due à une surproduction de globules rouges souvent liée à une mutation du gène JAK2. La sensation de picotements et de démangeaisons après une douche ou un bain chaud est caractéristique. D’autres signes comme maux de tête, rougeur du visage, vertiges ou douleurs abdominales peuvent aussi apparaître.
Les démangeaisons intenses, un indicateur de cancer du pancréas
Les cancers des voies biliaires, de la vésicule ou du pancréas peuvent obstruer l’écoulement de la bile. L’accumulation de bile dans le sang et la peau entraîne alors des démangeaisons très fortes. Ces prurits s’accompagnent souvent d’une jaunisse, c’est-à-dire une coloration jaune de la peau et des yeux, ainsi que d’urines foncées, de selles pâles, de fatigue intense et de douleurs dans la partie supérieure du ventre ou dans le dos.
Le lymphome cutané T, une forme rare de lymphome, démarre directement dans la peau. Il se manifeste d’abord par des plaques ou des taches rouges, parfois brunes, qui démangent. Elles peuvent ressembler à de l’eczéma ou du psoriasis. Si ces lésions persistent plusieurs mois, s’étendent ou résistent aux traitements locaux, une consultation spécialisée est nécessaire.
Quand faut-il consulter en cas de démangeaisons persistantes ?
Bien que la majorité des démangeaisons soient bénignes, il est conseillé de consulter un médecin dans certains cas précis. Si les démangeaisons s’accompagnent de ganglions ou de sueurs nocturnes, cela peut indiquer un lymphome de Hodgkin. Après la douche, si les démangeaisons persistent sans éruption claire, la polyglobulie de Vaquez peut être en cause.
De plus, la présence de peau jaune, d’urines foncées ou de selles pâles doit faire suspecter un cancer biliaire ou du pancréas. Enfin, des plaques rouges qui démangent et qui ne guérissent pas, semblables à de l’eczéma, peuvent évoquer un lymphome cutané T.
Dans tous ces cas, il est important de consulter son médecin traitant. Un examen clinique, une prise de sang, voire une biopsie ou une orientation vers un spécialiste comme un hématologue, un gastro-entérologue ou un dermatologue, peuvent permettre d’établir un diagnostic précis. Même si ces cancers restent rares, un diagnostic précoce facilite la mise en place des traitements.






