Une nouvelle étude établit un lien entre obésité et Alzheimer
Plusieurs facteurs de risque sont connus pour favoriser l’apparition de la maladie d’Alzheimer, comme l’âge, le diabète, l’hypertension, la sédentarité, le tabac ou encore l’isolement social. L’obésité était également suspectée, mais jusqu’à présent, il était difficile de mesurer précisément son impact sur le cerveau. Des chercheurs de l’Université Washington à Saint-Louis (États-Unis) ont voulu clarifier cette relation dans une étude menée sur plus de 400 personnes.
Une étude sur cinq ans avec des biomarqueurs sanguins
Présentée lors du congrès de la Société de radiologie d’Amérique du Nord, cette étude a suivi 407 patients pendant cinq ans. Les chercheurs ont analysé leur sang et réalisé des examens d’imagerie cérébrale pour répondre à une question simple : l’obésité accélère-t-elle les signaux biologiques annonciateurs d’Alzheimer ?
Les biomarqueurs, de minuscules indices du cerveau
Les scientifiques ont étudié différents biomarqueurs sanguins, qui sont comme de petits indices. Parmi eux, le pTau217, qui reflète la progression de la maladie d’Alzheimer, la NfL, qui indique des neurones endommagés, et la GFAP, liée à l’activité des cellules de protection du cerveau. En général, plus ces marqueurs augmentent, plus cela indique que la maladie progresse.
Une surprise au début de l’étude
Au départ, les personnes obèses présentaient des niveaux plus faibles de ces biomarqueurs, ce qui semblait paradoxal. Le Dr Soheil Mohammadi explique que cette baisse apparente s’explique par une dilution dans le sang, dûe à un volume sanguin plus important chez les obèses. Autrement dit, leur sang plus abondant aurait dilué les signaux, laissant penser à tort que leur cerveau était moins affecté.
Une évolution inquiétante dans le temps
Mais lorsque les chercheurs ont suivi l’évolution des biomarqueurs, la tendance s’est inversée. Les participants obèses ont vu leur taux de pTau217 augmenter de 29 % à 95 % plus rapidement que les autres. La même progression a été observée pour la chaîne légère des neurofilaments, qui a augmenté de 24 %, et pour l’accumulation amyloïde dans le cerveau, qui a progressé de 3,7 %.
Les chercheurs soulignent : « C’est la première fois que nous démontrons la relation entre l’obésité et la maladie d’Alzheimer, mesurée par des tests de biomarqueurs sanguins. »
Un facteur de risque plus important qu’on ne le pensait
Si l’obésité accélère véritablement l’apparition des signaux précoces d’Alzheimer, elle devient un facteur de risque encore plus significatif qu’on ne le pensait. Le Dr Mohammadi rappelle que 14 facteurs de risque modifiables représentent environ 45 % du risque de développer la maladie. Agir sur l’un d’entre eux pourrait donc avoir un impact important.
Les chercheurs ajoutent que cette avancée scientifique est majeure, car des médicaments très efficaces contre l’obésité existent déjà. Ils envisagent de futures études pour étudier l’effet de ces traitements sur les biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer.






